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La châsse de Charlemagne

  • Alain Foucaut
  • 6 mai 2019
  • 3 min de lecture

Charlemagne meurt le 28 janvier 814 à Aix-la-Chapelle.

Selon Éginhard, Charlemagne n'ayant laissé aucune indication concernant ses funérailles, après de simples cérémonies mortuaires dans la cathédrale d'Aix-la-Chapelle (l'embaumement et la mise en bière précèdent cette cérémonie au cours de laquelle une effigie vivante est probablement placée sur son cercueil pour le représenter, il est inhumé dans une fosse le jour même sous le dallage de la Chapelle palatine.

Le moine Adémar de Chabannes, dans son Chronicon, chronique rédigée entre 1024 et 1029, rend ces funérailles plus fastueuses, créant le mythe d'un Otton III qui a retrouvé un caveau voûté dans lequel l’Empereur à la barbe fleurie est assis sur un siège d’or, revêtu de ses insignes impériaux, ceint de son épée d’or, avec dans ses mains un évangéliaire d’or, et sur sa tête un diadème avec un morceau de la Vraie Croix.

En prêtant à l'empereur une barbe alors qu'il n'avait vraisemblablement qu'une moustache, ils veulent souligner son autorité virile. Quand au qualificatif de fleurie, il s'agit d'une mauvaise traduction de «flori», qui signifie blanc en vieux français.

En 1166, Frédéric Barberousse, après avoir obtenu la canonisation de Charlemagne, fait rouvrir le tombeau pour déposer ses restes dans un sarcophage en marbre dit sarcophage de Proserpine. Le 27 juillet 1215, Frédéric II entreprend une seconde translatio dans une châsse en or et en argent.

Selon la légende, à l'occasion de cette exhumation, fut trouvé pendu au cou de Charlemagne le talisman qu'il portait constamment sur lui.

Copie du talisman de Charlemagne au "Centre Charlemagne" d'Aix-la-Chapelle.

L'original au palais du Tau à Reims.

 

Ainsi réalise-t-on, sans doute vers 1200, la célèbre châsse dite « de saint Charlemagne », chef-d’œuvre de l’orfèvrerie mosane.

Cette pièce a fait l’objet d’abondants commentaires de la part des historiens de l’art et de la littérature, la partie supérieure étant décorée de plusieurs scènes de la légende de Roland. Elle porte de nombreuses inscriptions qui identifient les personnages sculptés dans le métal précieux et qui commentent les scènes légendaires. D’autres textes sont directement en relation avec la primauté palatine et avec l’entreprise de propagande mise en place en sa faveur. Le culte des reliques et ses manifestations liturgiques ou artistiques sont des instruments de gouvernement et d’influence politique.

Les dimensions de la châsse de saint Charlemagne sont considérables ; elle mesure plus de deux mètres de long pour presque un mètre de large. Le faîtage s’élève à environ 60 centimètres de la base. Le reliquaire reproduit la forme d’un bâtiment couvert d’un toit à deux pentes. L’intégralité de l’œuvre est le support d’un riche ensemble iconographique et textuel qui se développe aussi bien sur les faces latérales que sur le toit.

On peut distinguer trois parties : la façade et le chevet du bâtiment ; les deux grands côtés ; les toits. La face avant de la châsse (la façade de l’église, si l’on poursuit la métaphore architecturale engagée par le reliquaire lui-même) présente quatre personnages :

Charlemagne, trônant au centre et portant une maquette d’église dans la main droite, est entouré du pape Léon et de l’évêque Turpin ; un médaillon placé au-dessus de l’empereur fait apparaître le Christ en buste portant le Livre et bénissant de sa main droite Charlemagne assis sous sa protection. Au chevet, la disposition est relativement similaire : la Vierge, trônant au centre, est entourée des archanges Michel et Gabriel ; au-dessus, trois bustes symbolisent les vertus.

Domhof 1, 52062 Aachen

Accès gratuit, Musée du trésor payant

Sources:

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