L'incroyable monastère de San Jerónimo à Grenade
- Alain Foucaut
- 23 déc. 2018
- 2 min de lecture
Sa construction débuta en 1496 et deux célèbres architectes y participèrent, Jacobo Florentino jusqu'en 1526, puis Diego de Siloé.

Si la superbe façade plateresque de l'église est impressionnante, en entrant, vous serez frappés par la richesse de l'abside superbement illuminée par les fenêtres du transept, et par la tour-lanterne. Et vous ne faites que commencer la découverte de ce magnifique témoignage de la Renaissance espagnole qui abrite un joyau de l'école de Grenade.

La soutien des rois Catholiques a pour conséquence un début d'édifice gothique, mais le style glisse vers le Renaissance lorsque la Duquesa de Sessa et son époux le Gran Capitan décident de financer le monastère en échange de leur enterrement dans la Chapelle Majeure de l'église, selon une pratique alors très courante.

L'ensemble date donc du XVIe, mises à part les peintures murales qui furent réalisées au XVIII.

Les plus grands artistes de l'Escuela Granadina ont participé à la décoration, comme Juan de Aragon ou Vazquez el Mozo.

L'église prend la forme d'une basilique, avec une nef en forme de croix, des chapelles latérales et une chapelle majeure.

Les fresques sur les murs de la nef et sa voûte, impressionnantes, sont de Juan de Medina. Le retable de la chapelle majeure est l'élément le plus intéressant de l'église.

Réalisé entre 1570 et 1605, il est typique du style Renaissance et du Maniérisme. Il représente des scènes de la vie du Christ, celles-ci étaient dirigées à l'enseignement religieux du peuple, par les images et les sculptures. A droite et à gauche du retable on peut voir le Gran Capitan et la Duquesa en train de prier.


Saccagé lors des invasions napoléoniennes et victime d'un incendie, le monastère sert pendant longtemps de caserne. Ce n'est qu'en 1967 qu'il est restitué à l'ordre Jeronimo afin que des soeurs puissent le faire revivre.

Le monastère abrite deux cloîtres avec des jardins. Le premier présente une décoration de la Renaissance. Le deuxième, actuellement ceint de clôture, appartenant aux religieuses de l’ordre de San Jerónimo, fut la résidence d’Isabelle de Portugal pendant son voyage de noces après son mariage avec l’empereur Charles Quint. Le temple a été le premier au monde consacré à l’Immaculée Conception de Marie.

Par contre, San Jerónimo n'à rien d'un indien !
Eusebius Sophronius Hieronymus, Jérôme de Stridon, saint Jérôme, né vers 347 à Stridon et mort le 30 septembre 420 à Bethléem, est un moine, traducteur de la Bible, docteur de l'Église et l'un des quatre Pères de l'Église latine, avec Ambroise de Milan, Augustin d'Hippone et Grégoire Ier.

Il est fait docteur de l'Église en 1298, par Boniface VIII. Jérôme est le saint patron des traducteurs en raison de sa révision critique du texte de la Bible en latin.
Et les indiens alors ? Le lien avec l'Apache Geronimo :
On dit que Geronimo a fait un rêve la veille du jour où les hommes blancs sont arrivés, il aurait rêvé que des hommes de couleur blanche venaient sur leurs terres pour les exterminer. Il venge sa famille le 30 septembre 1859, jour de la saint-Jérôme. Les cris des Mexicains invoquant saint Jérôme pour leur défense (« Geronimo ! Geronimo ! ») l'inspirent et il prend alors ce nom.
Calle López Argüeta, 9, 18001 Granada
Accès payant
Sources: