Sarlat-la-Canéda
- Alain Foucaut
- 20 avr. 2021
- 3 min de lecture
Capitale du Périgord noir, aux confins des causses du Quercy, cette cité historique est un site touristique majeur, renommé pour sa parure monumentale datant essentiellement de la période médiévale et du début de la Renaissance (du XIIIe au XVIe siècle).

L’histoire de Sarlat débuterait au IXe siècle avec la fondation d’une abbaye bénédictine. Son existence n’est toutefois attestée qu’au XIIe siècle dans la Vie de Saint Sacerdos.
Mais de nombreuses sources archéologiques laissent penser que le site a été habité bien avant, dès le paléolithique. De même, des vestiges gallo-romains témoignent de la présence de population avant le Moyen-âge.
Fontaine sainte Marie, située en plein centre ville, dans une grotte naturelle aménagée au XIIe siècle

Sarlat est une cité médiévale qui s'est développée autour de l'abbaye bénédictine d'origine carolingienne. Seigneurie monastique, elle atteint son apogée aux XIIe siècle.

Dès 1204, les bourgeois de Sarlat s'opposent aux moines de l'abbaye. En 1223, l'administration civile de Sarlat par un consulat est créée. Au cours du XIIIe siècle, la ville s'agrandit et atteint environ 5 000 habitants. En 1263, les bourgeois de Sarlat s'allient avec les consuls de Figeac, Périgueux et de Brive pour obtenir des privilèges royaux.
Une épidémie de peste noire, en 1279-1280, fait en six mois 2 500 morts. Ils sont d'abord enterrés loin de la ville, à Roc-Laumier, puis plus près, au champ de Saint-Nicolas. Il existait dans la ville le cimetière Sainte-Marie qui s'étendait depuis l'église Sainte-Marie jusqu'à l'enceinte de la Bouquerie. Il semble désaffecté au moment de la construction de la nouvelle église Sainte-Marie, en 1365. Il est remplacé au XVe siècle par le cimetière se trouvant dans l'enclos des moines, derrière la cathédrale. Ce cimetière est abandonné en 1819 car il se trouve au-dessus de la nappe qui alimentait la fontaine des Chanoines.
Chapelle des Pénitents Bleus ou chapelle Saint-Benoît, XIIe siècle

En 1298 est conclu entre les bourgeois de Sarlat et l'abbé le Livre de la paix par lequel l'abbé, seigneur de la ville, reconnaît aux bourgeois le droit de consulat, le droit de sceau et une maison commune pour se réunir. Les consuls peuvent alors administrer la ville et assurer sa défense. Le Livre de la paix est ratifié par Philippe IV en 1299. Il y a quatre consuls, représentant chacun un quartier de la ville, Lendrevie, la Bouquerie, la Mallougane et la Rigoudie. Ils sont assistés par vingt-quatre conseillers ou jurats. La ville s'enferme dans des remparts à la fin du XIIIe siècle et au début du XIVe siècle.
La cathédrale Saint-Sacerdos de Sarlat

En 1318, l'abbaye est le siège du nouvel évêché créé par le pape Jean XXII. L'église abbatiale devient la cathédrale du diocèse de Sarlat. Les évêques, remplaçant les abbés, commencent sa transformation architecturale, qui sera achevée seulement à la fin du XVIIe siècle.
L’hôtel de Vassal, XVe siècle

À partir du XIVe siècle, évêques et consuls se partagent le pouvoir jusqu'à la Révolution. Devenue cité épiscopale, Sarlat joue un rôle prééminent lors de la guerre de Cent Ans. Réserve d'hommes d'armes, de munitions et de vivres, la ville fortifiée est également défendue par les châteaux situés aux alentours, tels que Beynac et Castelnaud, et peut porter secours à d'autres villes assiégées par les Anglais : Belvès, Domme, Montignac. Elle devient cependant anglaise par le traité de Brétigny en 1360. Elle se rallie au roi de France dix ans plus tard, lorsque le connétable Bertrand du Guesclin repousse les Anglais. La ville, tout en jouant le même rôle que précédemment, doit se rendre deux fois et souffre des exactions du capitaine de Vivans et du vicomte de Turenne.
La maison La Boétie a été construite par Antoine de La Boétie, ou La Boytie, lieutenant criminel de la sénéchaussée de Sarlat, entre 1520 et 1525. Étienne de La Boétie, l'ami de Michel de Montaigne, y est né le 1er novembre 1530.
La façade de la maison a été construite dans le style de la Renaissance italienne mise à la mode par François Ier après les guerres d'Italie.

Possédant un ensemble urbain médiéval parmi les plus importants du monde, Sarlat a été la première ville à bénéficier de la loi Malraux, en 1964.

Visité en 1997.
Sources:
Commenti