Paestum
- Alain Foucaut
- 7 janv. 2023
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La zone de Paestum est fréquentée dès la Préhistoire. Près du temple d'Athéna, un site néolithique rapportable à la culture de Serra d'Alto et une nécropole chalcolithique de la culture de Laterza ont été mis au jour et fouillés à la fin des années 1950 et 1960.
Céramique de la culture de Gaudo

La nécropole éponyme de la culture de Gaudo a été découverte durant la Seconde Guerre mondiale à moins de deux kilomètres du site antique. Ce site reste à ce jour le plus important cimetière de cette culture à la fois par le nombre de tombes exhumées et l'abondance du mobilier qu'elles contenaient.
Au début du VIIIe siècle, des colons grecs viennent s'installer en Campanie. Dans ce mouvement à l'origine de la fondation de Naples, est créée la cité de Poseidonia, qui sera par la suite latinisée en Paestum.

Sa fondation remonte au milieu du VIIe siècle, par des Doriens vraisemblablement chassés de la cité de Sybaris en Calabre.

Poseidonia se trouve alors stratégiquement située en bord de mer, à l'embouchure du fleuve Sele, au cœur d'une plaine fertile. Elle connaît son apogée pendant la seconde moitié du VIe et la première du Ve siècle av. J.-C. La cité passe ensuite sous domination des populations autochtones (les Lucaniens), puis des Romains, tout en exerçant en retour une influence notable sur ces cultures. Elle reste relativement prospère jusqu'au Ier siècle apr. J.-C.

Cependant, la ville souffre de certains désavantages. D'une part, le fleuve Sele divague assez fortement à proximité de la ville, rendant ses environs marécageux et insalubres ; d'importants apports de sédiments remblaient petit à petit la baie de Paestum, l'éloignant de la côte. D'autre part, Rome tient les anciennes villes de la Grande Grèce à l'écart de ses routes commerciales, les affaiblissant chaque jour un peu plus. Paestum est finalement abandonnée par ses habitants vers le VIIIe ou le IXe siècle.
L’agora, cœur civil de la cité grecque, se situe entre les sanctuaires nord et sud. Les édifices remontent pour les plus anciens au VIe siècle avant J.-C. Les romains firent de la partie sud de l’agora le forum, délaissant le reste, sauf pour y bâtir quelques habitations.
De l’agora, près de la voie, reste un Heroon (vers 520 avant J-C), dont émerge un toit en carreaux de pierre. A l’intérieur furent retrouvées des amphores avec la figure d’Hercule. En raison de son emplacement et de son mobilier, on a déduit que c’était un cénotaphe, un tombeau vide dédié au culte du héros fondateur de la cité.

La cité est redécouverte au XVIIIe siècle alors que Naples est dirigée les Bourbons, engagés dans d'importantes fouilles sur les sites archéologiques campaniens. Paestum devient rapidement un point d'intérêt incontournable pour les voyageurs et artistes du XIXe siècle, ainsi qu'un lieu où les fouilles archéologiques se sont succédées jusqu'à nos jours.

Au cours du XVIIIe siècle, la mode du « Grand Tour » enflamme les jeunesses européennes issues de familles aisées : il est alors de bon ton de parcourir l'Europe et tout particulièrement l'Italie à la recherche des plus belles œuvres d'art. Rome, la Sicile, la Campanie et en particulier Naples (grâce aux premières fouilles de Pompéi et Herculanum) sont les lieux les plus fréquentés.

Plutôt que d'effectuer un voyage en Grèce (alors sous domination turque) pour aller admirer l'architecture hellène, il est plus aisé d'aller à Paestum explorer les trois temples doriques, préservés depuis des siècles.

Le site archéologique de Paestum conserve aujourd'hui son charme si prisé au XIXe siècle. Largement moins fréquenté que les sites de Pompei ou Herculanum, c'est un site à la fois agréable à visiter, et d'une richesse remarquable.

Visité en 2011.
Via Magna Graecia, 919, 84047 Capaccio SA, Italie
Accès payant
Sources:
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