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Durant l'Antiquité Orléans a porté deux noms: Cenabum ou Genabum puis Aurelianum.

  • Alain Foucaut
  • 12 mars 2022
  • 5 min de lecture

Durant l'Antiquité (v.-2000-v.500), à l'emplacement actuel de la ville d'Orléans se tenait Cenabum, parfois orthographiée Genabum, une cité commerciale et oppidum des Carnutes, un peuple de la Gaule celtique. La cité, rivale de sa voisine Autricum (Chartres), est décrite comme prospère du fait de sa situation stratégique sur la Loire .

Cenabum possède un pont sur la Loire ; des fossés secs et une palissade de terre la défendent. La ville, équipée d'un port attesté dès avant l'époque romaine, constitue le débouché commercial principal des céréales de la région naturelle de Beauce. Strabon, dans sa Géographie, qualifie la cité d'emporium des Carnutes.

Pour Jules César, il était impératif de s'assurer le contrôle de Cenabum et de son port durant sa conquête de la Gaule. Il réussit facilement à établir son protectorat sur les Carnutes en s'assurant la collaboration du notable gaulois Tasgétios, qu'il rétablit sur le trône de ses aïeux en récompense de services rendus.

Le port de Cenabum devient un centre d'approvisionnement en grains pour les romains.

En -54, César doit faire face à plusieurs rébellions. À Cénabum, Tasgetios, considéré comme traître est exécutés par les autochtones. César ordonne alors à Lucius Munatius Plancus de rétablir l'ordre et punir les responsables.

Une nouvelle insurrection gauloise intervient en -53, elle est menée par Cotuatos et Conconnetodumnos puis par Vercingétorix. Les négociants romains qui s'étaient établis à Cenabum, l'intendant Caïus Fufius Cita que César avait installé pour contrôler le commerce et assurer l'approvisionnement en grains des légions, furent tous massacrés ou jetés dans la Loire par les Carnutes qui avaient pénétré dans la cité. Ce soulèvement motiva la septième campagne de César.


Période gallo-romaine au musée historique et archéologique de l'Orléanais

En -52, César accouru d'Italie avec une rapidité prodigieuse et parvenu à Agedincum (Sens), fondit sur Cenabum en quelques marches et n'eut pas même besoin d'en faire le siège. À son approche, la population voulut s'enfuir par le pont de bois qui reliait les deux rives de la Loire et, tandis qu'elle s'écrasait dans cet étroit débouché, les Romains escaladèrent les remparts. Tous les habitants furent massacrés et la ville fut livrée au pillage et aux flammes. Le druide carnute Gutuater désigné responsable des actes de rébellion gaulois fut exécuté.

Au départ de César, Gaius Trebonius et deux légions romaines sont installés pour administrer la ville en ruine qui est rattachée à la province de la Gaule lyonnaise. Celle-ci restera en l'état jusqu'en 273 et la visite du 38e empereur romain, Aurélien. La période est marquée par le pillage de la ville vers 260 par les Alamans puis les Germains. Au IIIe siècle (273-274), Aurélien relève la ville de ses ruines, reconstruit son enceinte, la détache du pays des Carnutes ; elle prend alors le nom d'Aurelianum ou Aureliani dont l'actuel nom d'Orléans est issu. De nouvelles murailles et un fossé sec entourent la ville, au Sud, la muraille est baignée par la Loire. Le périmètre de la nouvelle enceinte est estimé à 1 100 mètres.


La tour Sainte-Croix

La tour Sainte-Croix fut découverte lors des fouilles du mail Pothier entre 1980 et 1981, cette tour est conservée sur une hauteur d’environ 3,6 m. De plan circulaire, elle est engagée au ¾ dans le mur de courtine qui se développe de part et d’autre. Il s’agit d’un tronçon du flanc nord de l’enceinte antique.

Les fondations de la tour et de la courtine sont constituées de blocs de calcaire de grand appareil en remploi, provenant de la démolition de bâtiments adjacents. L’élévation présente une succession de trois assises de moellons de calcaire et de trois assises de briques pour le parement externe. Avec le temps, l’enceinte antique a été détériorée, remaniée et réaménagée. Les parements de la tour Sainte-Croix ont été ainsi reconstruits en moyen appareil de calcaire de Beauce probablement entre les XIIIe et XIVe siècles

Accompagnés des Vandales, les Alains franchissent la Loire en 408. Un de leurs groupes, dirigé par Goar accepte de se joindre aux forces armées romaines. Aetius l'installe sur la Loire et à Orléans vers 440. Selon Constance de Lyon cette installation est destinée à châtier une rébellion locale. Ces Alains, turbulents, sont très mal perçus par les autochtones. Leur installation se traduit par des confiscations de terres et des expulsions de propriétaires. Goar s'installe à Orléans même tandis que de de nombreux Alains s'installent entre Seine et Loire et en particulier dans le nord de l'Orléanais. De nombreuses de localités de l'Orléanais se souviennent de l'installation de ce peuple : Allaines, Allainville, Alaincourt.

En 451, le roi des Alains est toujours installé à Orléans, il s'agit alors de Sangiban. Sous son commandement, les Alains se joignent aux forces d'Aetius qui s'opposent à Attila qui avait envahi la Gaule et prennent part à la bataille des champs Catalauniques. Toutefois, selon Jordanès, Sangiban aurait d'abord cherché à trahir et aurait envisagé de livrer Orléans à Attila. La réalité de cette volonté est cependant discutée.

Aignan d'Orléans meurt en 453 après avoir contribué à défendre la ville des invasions barbares. Il deviendra par la suite le saint patron de la ville. La période correspondant à la chute de l'Empire romain provoque conjointement une crise économique et la christianisation de la population. Euverte d'Orléans sera l'un des premiers évêque de la ville.

La domination romaine sur Aurelianum s'achève en 498, date à laquelle la ville est rattachée à l'Empire de Clovis Ier, roi des Francs issu de la dynastie des Mérovingiens. Un important concile s'y tient en 511.

La courtine du parking Saint-Flou Les bâtiments de l’ancienne vinaigrerie Dessaux s’appuient en partie sur la courtine de l’enceinte antique, conservée à certains endroits jusqu’à 8 m de hauteur.

L’alternance entre les groupes de trois assises de briques et de trois assises de moellons de calcaire y est bien visible. À une hauteur d’environ 1,50 m, un cordon de trois assises de briques forme un très léger ressaut, laissant supposer une épaisseur moindre de la courtine au sommet de l’élévation.

Orléans a porté deux noms successifs durant l'Antiquité : Cenabum ou Genabum puis Aurelianum.

Le premier nom, également orthographié Genab, a également été attribué à la ville voisine de Gien située sur le cours de la Loire plus à l'Est. Plusieurs étymologies ont été proposées : celle le faisant dériver de mots latins, genius, le génie, et bund, le fond pour fondement du génie ; une deuxième hypothèse emprunte au celtique gen, pointe ou tête, et au persan ab, eau, pour ville dominant un cours d'eau.

Une plaque de marbre portant entre autres l'inscription « Cenab » fut découverte en 1846 lors de la construction d'une ligne de chemin de fer dans le faubourg Saint-Vincent à Orléans. Le lieu correspondait a une ancienne voie romaine reliant la ville à Lutèce. La découverte permis d'étayer la thèse voulant que Cenabum était située à Orléans et non à Gien.

Le second nom est également déchiffré au travers de différentes hypothèses. Aurelianum pourrait ainsi être issu du nom des empereurs romains Marc Aurèle, qui aurait fait embellir la ville en 163, ou Aurélien qui la fit rebâtir en 273. Une troisième hypothèse évoque la possibilité que la ville tienne son nom de la mère de Jules César, Aurelia Cotta. Une étude de Jacques Soyer relègue néanmoins ces hypothèses au statut de légende, Aurelia descendant, d'après ses recherches, du nom de la gens Aurelia qui possédait des terres à Cenabum.

Le nom moderne de la ville semble être issu d'une corruption du mot Aurelianum.

Visité en 2022


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