Avaric, Avaricum et Bourges
- Alain Foucaut
- 16 janv. 2022
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Au Ve siècle av. J.-C., le peuple gaulois des Bituriges Cubes signifiant « les rois du monde », avait développé une vaste agglomération proto-urbaine, Avaric.
Pendant la Guerre des Gaules, Vercingétorix pratiqua la politique de la terre brûlée : aucune ville, aucune ferme ne devait servir à l’approvisionnement des légions romaines. Cependant, les habitants d’Avaric supplièrent Vercingétorix d’épargner leur cité, mettant en avant la sûreté de leur ville protégée par des défenses naturelles (car située sur une butte entourée d’une rivière et de marais) et par une puissante muraille au sud. Jules César fit le siège d'Avaric pendant de longs mois mais en avril 52 av. J.-C., il réussit à prendre la cité en affamant ses combattants et en repoussant l’armée de secours de Vercingétorix. La vengeance de César fut terrible. Il ordonna à ses soldats de massacrer tous les habitants de la ville : des 40 000 hommes, femmes et enfants réfugiés dans ses murs, seuls 800 en réchappèrent.

Après la conquête de César, la vieille cité prit le nom d'Avaricum. Dès le milieu du Ier siècle, urbanisme et architecture témoignent de ce statut. A la fin du IIIe siècle, la réorganisation administrative de Dioclétien fait d'Avaricum la capitale de la très vaste province d'Aquitaine Première.
La ville du Haut Empire, aux constructions plus denses, occupe une superficie estimée à environ 100 hectares avec l'agglomération : de nouveaux quartiers se développent au-delà des rivières. Commencé dès la période Augustéenne, un programme de constructions monumentales réalisé vers la fin du Ier siècle organise le centre de la cité.

Vestiges du rempart à proximité de la cathédrale.

Vestige d'une courtine.

Après la révoltes des Bagaudes et les premières Invasions barbares du IIIe siècle, Avaricum, comme la quasi-totalité des villes de Gaule, se rétracta et s'entoura d'une enceinte fortifiée en remployant les pierres des bâtiments officiels. La surface enclose (40ha), bien qu’en retrait par rapport à la période précédente, était l'une des plus étendues des Gaules. Une voie importante longe le Cher entre Bourges et Tours ; elle figure sur la table de Peutinger.

Façade du palais Jacques-Cœur construite au-dessus du rempart gallo-romain


Le déclin amorcé au Bas-Empire romain entraîne une généralisation des abandons et des destructions d'édifices publics et d'habitats, ainsi que la construction d'un système défensif : le rempart du IVe siècle est soigneusement appareillé en pierre et chaînages de briques, renforcé par une cinquantaine de tours et percé de 4 portes.

Le contexte dans lequel cette muraille a été construite est celui d'un important remaniement de l'aire urbaine visant à redéfinir le plan et la parure monumentale de la cité antique se déployant alors sur une superficie totale d'environ 25ha. En outre, l'érection de cette enceinte monumentale pourrait être également une réponse aux grandes invasions du ive siècle apr. J.-C., l'ouvrage défensif permettant alors de protéger la ville antique.
Rempart romain, surmonté de l'enceinte médiévale.

Son enceinte marque pour toujours la topographie urbaine en délimitant une ville haute dont les rues suivent le tracé elliptique.
Visité en 2021.
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