Autres trésors de l’abbaye de Saint-Sever
- Alain Foucaut
- 16 oct. 2021
- 3 min de lecture
Ne passez pas à côté de ce monument historique fondé en 988 et inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO au titre des chemins de Compostelle !

L’église a conservé son très rare chevet à 7 absides échelonnées du XIe siècle.

Mais l'abbaye possède bien d'autres trésors...

Le tympan nord se situe au-dessus du portail nord de l'église abbatiale. Chef-d'œuvre du XIe siècle, il compte parmi les premiers tympans sculptés de l'art roman.

La scène représentée est tirée de L'Apocalypse, dernier livre du Nouveau Testament. L'Apocalypse est également le thème du Beatus, dont le tympan tire probablement son influence. Au centre, le Christ en gloire est inscrit dans une mandorle. Assis sur un trône, il lève sa main droite dans un geste de bénédiction et tient un livre dans sa main gauche. Un séraphin se tient à sa droite, un chérubin à sa gauche.

Les représentations symboliques des quatre Évangélistes sont autour de lui, même si deux ont aujourd'hui disparu. À sa gauche, le taureau ailé symbolise Luc. À sa droite, le lion ailé symbolise Marc. Tous deux figurent dans le Beatus. À gauche du taureau ailé, l'archange saint Michel terrasse le dragon. Il symbolise la victoire du Christ sur le péché. À la droite du lion ailé, l'ange pose sa main sur la tête de Jean, à qui est révélée la scène et auteur de L'Apocalypse. Par ce geste, l'ange invite Jean à se prosterner devant le Christ.
Le reliquaire: L’abbaye de Saint-Sever possédait au Moyen Âge de nombreuses reliques dont la plus célèbre était le chef (autrement dit la tête, le crâne) de saint Sever. Cette dernière fut détruite lors des guerres de religion qui firent des ravages dans la région. Aussi, après avoir patiemment reconstruit le sanctuaire vandalisé en 1569 (l’autel fut restauré en 1681), les moines se préoccupèrent de trouver une relique insigne.

L’église Sainte Eulalie de Bordeaux possédant, selon une tradition immémoriale, les restes de saint Clair et de ses compagnons (dont saint Sever), une ambassade obtint de l’archevêque la permission de retirer du reliquaire bordelais une partie des reliques de saint Sever en 1714. Le retour officiel eut lieu en 1716, en grande pompe.

Le reliquaire actuel date de 1783 et a été offert par monseigneur Playcard de Raygecourt, évêque d’Aire-sur-l'Adour. Ce reliquaire est le témoignage de la volonté de l’évêque de rester fidèle au goût baroque français, en opposition au goût néo-classique.
La Bibliothèque nationale de Paris conserve sous la cote Ms. lat. 8878 un précieux manuscrit enluminé que l’on désigne du nom de « Beatus de Saint-Sever ». Il s’agit d’un Commentaire de l’Apocalypse de saint Jean, écrit et illustré au XIe siècle dans l’abbaye de Saint-Sever en Gascogne, mais dont le texte a été rédigé en Espagne au VIIIe siècle, et qui a fait par la suite l’objet de nombreuses copies, dont 26 sont encore conservées ou rappelées par de simples fragments dispersés à travers le monde.

Le nom de « Beatus » désigne selon les cas un religieux espagnol du VIIIe siècle, et les manuscrits du Commentaire de l’Apocalypse dont la rédaction lui est habituellement attribuée. Beaucoup d’incertitudes demeurent sur le personnage, dont un biographe tardif a situé la mort en 798 : on sait qu’il a vécu dans le monastère asturien de Liébana, dont il semble avoir été l’abbé, mais il est surtout célèbre par le combat qu’il a mené conjointement avec l’évêque d’Osma, Etherius, contre les thèses adoptiannistes d’Elipandus, archevêque de Tolède. C’est dans cette perspective de défense de l’orthodoxie contre une hérésie très active, que Beatus a rédigé vers 776-786 le Commentaire qui porte aujourd’hui son nom. Il y manifeste une connaissance approfondie de nombreux Pères de l’Église, d’Irénée à Isidore de Séville, mais aussi de nombreux auteurs chrétiens - Cyrille, Origène… - ou païens - Quintilien, Virgile… De telles références ne sauraient surprendre dans le milieu culturel qui était parvenu à survivre dans le Royaume des Asturies, ultime héritier de l’Espagne wisigothique, sous le règne de quelques souverains dont le souvenir est rappelé par des édifices aussi remarquables que le palais de Naranco, ou les églises de Lena, Lillo, Santullano, Valdedios…
C'est dans la salle capitulaire que vous pourrez découvrir le reliquaire et un fac-similé du Béatus.

Mas aussi une exposition d’objets et d’habits de cérémonie religieux des XVIIe XVIIIe siècle :

Plat de quête, encensoir, chapelle d’évêque, reliquaires, tabernacle, tableaux, statue de saint Michel terrassant le Dragon, chasubles, chapes, dalmatiques, étoles et manipules.

Je dois remercier le personnel de l'office de Tourisme Landes Chalosse, particulièrement sympathique, qui à fait ouvrir la salle du trésor rien que pour nous!
Visité en 2021.
Abbaye bénédictine et son abbatiale
Place du Tour du Sol 40500 SAINT-SEVER
Accès libre
Sources:
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