Et autres trésors monétaires du musée de Cordoue
- Alain Foucaut
- 29 janv. 2019
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Une partie du trésor d'Almadenes.

Denario en espagnol: Le denier, du latin denarius (pluriel : denarii), est l'une des monnaies de base du système monétaire romain. Il s'agissait d'une pièce d'argent, d'un poids d'environ 3 à 4 g selon les époques. Les premiers deniers romains apparaissent à la fin du IIIe siècle av. J.-C. Le mot denarius signifie « dizaine » en latin, sa valeur initiale valant dix as.

Denier SERRATUS (OU DENTELÉS)

Le trémissis ou triens est une monnaie romaine en or qui était particulièrement répandue dans le monde méditerranéen et en Europe aux Ve et VIe siècles. Elle est également appelée tiers de sou car sa valeur correspondait à un tiers de solidus, la monnaie de référence de l'Empire romain qui était appréciée en raison de sa stabilité. Il pesait initialement 1,51 gramme et était composé d'or pur (24 carats).


Le trémissis a été introduit par l'empereur Valentinien (364-375). Les plus anciennes frappes connues datent du règne de Magnus Maximus (383-388) tandis que les dernières pièces ont été frappées à Syracuse sous Basile Ier (867-888), empereur romain d'Orient. Elles ont également été frappées dans les royaumes qui ont pris la succession de l'Empire romain d'Occident: royaumes mérovingiens, vandale, ostrogoth, wisigoth, burgonde, lombard et anglo-saxons.

Le trémissis est souvent appelé triens dans un contexte mérovingien, suivant ainsi l'usage de Grégoire de Tours. Ce nom correspond toutefois aussi à celui d'une monnaie de bronze plus ancienne dont la valeur était d'un tiers d'as.

Triens: Les triens en or frappés entre le IVe et le IXe siècle, aussi appelés trémissis, correspondent à un tiers de solidus. Le nom est à l'origine des appellations Sol et, plus près de nous, sou, et également du solde comptable et en économie, de la solde et du soldat via l'italien soldo.

Dirham: De l’arabe درهم, drhm et, originellement, du grec ancien δραχμή, drakhmê (« drachme »).

Les plus anciens dirhems, frappés par les Omeyyades, le furent à l'imitation des drachmes sassanides portant l'effigie du souverain et un temple de feu auquel on adjoignait quelques mots arabes. La réforme de ‘Abd al-Malik en 698 transforma cette pièce en une monnaie de type purement islamique, avec invocation pieuse, nom et titres du souverain.

On frappa des dirhems en Iraq, en Syrie, en Égypte, dans le Maghreb et en Espagne. Le poids du dirhem, qui était à l'origine de 4,15 g, fut ramené par ‘Abd al-Malik à 2,95 g. Il correspondait ainsi aux sept dixièmes de l'unité de poids appelée « mithkāl », équivalant au dinar (4,25 g).

La valeur du dirhem par rapport au dinar, primitivement d'un dixième, varia beaucoup suivant les cours de l'or et de l'argent et finit par n'être plus que d'un vingtième ou un trentième. À partir du XIe siècle, on frappa des dirhems de mauvais aloi. Le dirhem, comme le dinar, a pu servir de monnaie en Europe, principalement du Xe au XIIe siècle. Actuellement, le dirham est l'unité monétaire du Maroc et des Émirats arabes unis.

Le denier est également la monnaie à l'origine du dinar, mot que l'on retrouve d'abord en arabe, puis en espagnol, en portugais, en serbe, au Moyen Orient, etc.

Le denier, base du système monétaire de l'Empire romain à la Révolution française ! Le denier reste très présent en Europe. Ainsi, en Angleterre, puis au Royaume Uni et en République d'Irlande, le penny de bronze prend comme symbole le « d. », pour denarius, jusqu'à la réforme monétaire décimale de 1971, qui supprime la livre à 240 pence. Sous le règne de Louis XIV sont frappées des pièces d'une valeur de 4 deniers en argent portant à l'avers la lettre « D ». Le denier français disparaît avec la création du franc germinal (1804).
Reste en France, en Belgique et en Suisse, le denier de l'Église ou denier du culte, la contribution volontaire des fidèles, pour l'Église catholique romaine.


Jean II de Castille (1406-1454), Dobla de la Banda, Or, frappé à Séville.
Avers : Ecu à la bande ornée de tête de lions. Revers : Champ écartelé aux armes de Castille et Léon

CORDOBA Museo Arqueológico de Córdoba, Plaza de Jerónimo Páez 14003
Accès gratuit pour les ressortissants européens !
Sources: