L'église Saint-Pierre d'Avon
- Alain Foucaut
- 7 mars 2018
- 2 min de lecture
L’Eglise Saint-Pierre d’Avon est l’un des plus vieux édifices de toute la région, on estime en effet, que sa partie la plus ancienne remonte à 1100 environ et qu’elle est contemporaine de la basilique Saint-Mathurin de Larchant.

Il est probable que sa construction en pierre, a remplacé au même endroit, d’autres bâtiments cultuels fragiles en bois ou en torchis.

Nous savons en tous cas qu’Avon, en tant que paroisse, est mentionnée dès 839 dans une charte de Louis le Pieux. Église paroissiale, elle devient église royale car les rois de France qui séjournent successivement dans le modeste rendez-vous de chasse dit « de la Fontaine belle eau », viennent entendre la messe à Avon.

Le robuste clocher date du XIIe siècle. En 1555, suppression de l'abside et édification du chœur gothique flamboyant, par Jean de Montceau, seigneur du lieu. Du retable Henri II, il ne reste que deux statues de bois polychrome fixées sur des piliers, la Vierge

et saint Jean,

sauvées de l'incendie survenu en 1892 ayant également détruit les bannières, les riches ornements et les verrières du XVIe siècle.

Le portail en grèserie est du XVIe siècle, et du XVII l'auvent du porche sous lequel Madame de Maintenon, bienfaitrice de la paroisse, enseignait le catéchisme aux petits Avonnais.En 1611, baptême de la cloche « Louise » dont le jeune Louis XIII, 10 ans, est le parrain. En 1616 pose du baptistère.

C'est en 1690 que le général de l'ordre des Trinitaires fait creuser le caveau en avant du chœur. Les curés d'Avon, religieux trinitaires, y seront inhumés jusqu'à la Révolution.

En 1875, cinquante six pierres tombales placées sur le sol de l'église et dont les inscriptions s'effacent, sont relevées et fixées au mur du bas côté droit, dont celle du célèbre mathématicien Étienne Bézout.

Celle de Jean de Monaldeschi, écuyer de la reine Christine de Suède, assassiné le 10 novembre 1657 sur son ordre dans la Galerie des Cerfs du Palais, demeure à l'entrée de l'édifice près de la vénérable pierre de seuil usée depuis près de 900 ans par le passage des fidèles.

Signalons également cinq statuettes en bois du XVIIe siècle provenant peut-être de bâtons de procession ?

Parmi les verrières du chœur, sont présentes celles de saint Pierre et saint Paul, patrons de la paroisse, ainsi que deux vitraux consacrés à saint Fiacre, le patron des jardiniers d'Avon. Dans le bas-côté gauche, le petit et récent vitrail souvenir de la déportation, rappelle le sacrifice des vingt-trois Avonnais morts dans les camps de concentration, en particulier le père Jacques (Au revoir les enfants) et Rémy Dumoncel, ancien maire de la commune.

Il n'existe pas de grandes richesses artistiques ni de somptueuses reliques dans cette église, mais par sa sobriété, son dépouillement, elle invite au silence, à la prière et au recueillement.

Juste à côté, se trouve le couvent des Carmes.

11 Rue Du Père-maurice, Avon 77210
Accès libre
Sources: