Le théatre antique de Lillebonne
- Alain Foucaut
- 30 juil. 2017
- 2 min de lecture
Le théâtre-amphithéâtre est d’une ampleur comparable aux plus grands amphithéâtres de la Gaule romaine, il est aussi le mieux conservé au nord de la Seine.

Constitué de trois états de construction successifs qui s’échelonnent du 1er au 3e siècle de notre ère, il peut accueillir 10 000 spectateurs. A l’époque romaine, des jeux de gladiateurs, des scènes de chasse, des démonstrations de domptage… se déroulent dans l’arène. C’est aussi là que les condamnés à mort sont livrés en pâture à des animaux sauvages.
L'arène (au premier plan, à gauche), puis la cavea (espace qui recevait les spectateurs) divisée en trois parties:
-L'ima, partie inférieure réservée aux magistrats de la cité.
-La media, partie intermédiaire destinée aux classes moyennes.
-La summa cavea accueille les classes populaires.

Sur la scène du théâtre sont programmés des pantomimes et des mimes (farces souvent vulgaires). A l’époque romaine, la mode est au burlesque et aux spectacles visuels: les décors et les costumes sont très présents. La musique occupe également une place importante.
Entrée antique (seuil de la porte monumentale)

Formé d’une arène de forme elliptique, doté de gradins en hémicycle desservis par un couloir périphérique d’environ 5 mètres de largeur, le théâtre-amphithéâtre de Lillebonne qui, du temps de sa splendeur, pouvait accueillir entre 5.000 et 7.000 spectateurs, et dont les murs s’élevaient à près de 19 mètres au dessus du niveau du sol , s’inscrivait dans un quadrilatère d’environ 110 mètres de longueur sur 80 mètres de côté.

Lors des invasions barbares qui pillent et déstabilisent l’Empire romain, Lillebonne est incendiée puis reconstruite. Les pierres des édifices gallo-romains sont utilisées pour la construction des fortifications de la ville puis, plus tard, de l’abbaye de Jumièges.
Le bâtiment situé dans l'arène est un petit édifice thermal qui date de l'époque de réutilisation du théâtre après son abandon à la fin du IIIè siècle.

Ce n’est qu’au cours du 18è siècle que sont redécouverts les restes du théâtre gallo-romain. Sur le point d’être transformé en carrière de remblai, sauvé in extremis grâce à l’intervention de l’abbé Rever, devenu propriété du département de la Seine-Inférieure , le théâtre antique de Lillebonne fait l’objet d’une première campagne de fouilles en 1819.

De nombreux vestiges et divers éléments lapidaires (enduits, marbres, blocs calcaires sculptés ...) sont mis au jour.

En 1823 une statue d’Apollon en bronze doré, datant du 2ème siècle, d’une hauteur de 1,90 mètre, aujourd’hui exposée au Musée du Louvre, est exhumée à proximité du site. Plus près de nous, dans les années 1980, des sondages mettent en évidence la présence d’éléments du bloc scénique sous l’actuelle chaussée.

En 1986, une tranchée révèle des indices d’une autre moitié d’hémicycle. Lors de fouilles archéologiques entreprises au cours de l’année 2007, une statuette en bronze, haute d’environ 14 centimètres, datant du 2ème siècle après Jésus-Christ, désignée sous le nom de « Madone de Lillebonne »,

représentant une femme coiffée d’un diadème et revêtue du costume traditionnel de l’époque, composé d’une longue robe tombant jusqu’aux pied et d’un manteau drapé autour du bras droit, est découverte au niveau des fondations du mur extérieur Est du théâtre.

Place Felix Faure, 76170 Lillebonne
Couplées avec le musée Juliobona (RDV au musée)

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