les abris de carriers de Fontainebleau
- Alain Foucaut
- 29 mai 2017
- 2 min de lecture
Le grès de Fontainebleau, exploité à partir de la moitié du XIVe siècle a été utilisé de par le monde pour construire des châteaux, des cathédrales, des routes, des maisons particulières…

Il y avait 2000 carrières en exploitation jusqu'au début du XXe siècle. Le grès était embarqué au Pont de Valvin, direction le port de Paris pour être ensuite commercialisé dans toute l'Europe. On peut dire que le Grès de Fontainebleau était une appellation d'origine contrôlée. En 1907, l'exploitation du grès fut interdite sur toute la forêt domaniale de Fontainebleau.

Jusqu'à la 1ère guerre mondiale, le sud de l'Ile-de-France fut le principal fournisseur de pavés pour la ville de Paris (on peut même dire fournisseur officiel de mai 68). Les nombreuses carrières de grès aujourd'hui abandonnées et recouvertes par une épaisse végétation que l'on redécouvre au cours de promenades témoignent de cette importante activité qui atteint son apogée vers le milieu du XIXe siècle. La dernière carrière, aux Trois Pignons, a été fermée en 1983.
le carrier creuse une série d’encoches, les mortaises ou boîtes à coins, dans lesquelles il enfonce des coins métalliques à l’aide d’une masse jusqu’à la rupture du banc de grès.

Bien que cette extraction n'ait été qu'aérienne, les carriers, qui se sont éreintés à la pénible besogne, nous ont légué un rare patrimoine à la fois souterrain, curieux, pittoresque et fort méconnu : les abris de carriers.


Sur les lieux de leurs chantiers, les carriers se construisaient des cahutes en pierre ou en bois. Si celles en bois ont toutes disparues, les abris de pierres sont encore bien visibles.


Les abris ont été construits pendant les XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. Ce sont de petits ouvrages sommaires en pierres sèches, provenant des écales, construits souvent à partir des cavités naturelles.

La plupart du temps, l'espace de vie dans ces "habitations" est assez petit et bas, afin de permettre de réduire l'espace à chauffer. Il faut noter que beaucoup d'abris avaient leurs ouvertures situées sur les versants des platières et des massifs rocheux le plus exposé au soleil. Si certaines loges ont des entrées étroites ou des couloirs d'accès difficiles, cela permettait sans doute de protéger le logis des visites impromptues de sangliers et de protéger l'huis des bourrasques de vent.

Dans de nombreux abris, l'on peut voir des gravures, des dessins et des peintures sur leurs parois. Il s'agit de représentations plus ou moins allégoriques : humaines, animales et autres, ainsi que des signatures, dates, petits écrits, moult figures et signes énigmatiques.

Forêt de Fontainebleau (Nous ne donnons pas leur localisation afin d'éviter toute dégradation ultérieure. Merci de les respecter...)
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