Plaid de Thierry III, le plus vieux document scellé par un roi Franc.
- Alain Foucaut
- 23 nov. 2016
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THÉODORIC III ou THIERRY III (entre 649 et 656-690 ou 691) roi de Neustrie et de Bourgogne (673-690 ou 691), roi d'Austrasie (679-690 ou 691), Fils de Clovis II, qui était le second fils de Dagobert Ier.
Théodoric III (ou Thierry III) succéda à son frère Clotaire III à la tête des royaumes de Neustrie et de Bourgogne en 673, à l'instigation d'Ebroïn, le maire du palais de Neustrie. Aussitôt déposé par son autre frère, le roi d'Austrasie Childéric II, il fut restauré à la mort de ce dernier, en 675. De nouveau chassé du pouvoir pendant une brève période en faveur d'un dénommé Clovis (prétendument le fils de Clotaire III), il retrouva son trône en 676. Mais les Austrasiens, qui savaient que la réalité du pouvoir était exercée par Ebroïn, le rejetèrent en tant que roi et rappelèrent Dagobert II, enfermé depuis vingt ans dans un monastère en Irlande. Une guerre s'engagea entre eux, et après l'assassinat de Dagobert par le maire du palais de Neustrie et de Bourgogne, en 679, Théodoric devint roi d'Austrasie. Il assista dès lors impuissant aux luttes entre ses sujets, jusqu'à la victoire finale des Austrasiens sur les Neustriens à la bataille de Tertry en 687. Pour sauver les apparences, le maire du palais d'Austrasie Pépin de Herstal reconnut Théodoric comme souverain des royaumes d'Austrasie, de Neustrie et de Bourgogne réunifiés, mais celui-ci resta jusqu'à sa mort une marionnette aux mains du maire du palais.

Thierry III rejette définitivement la plainte de la dame Acchildis, par un plaid *, sentence rendue par le tribunal royal. Deux changements diplomatiques notables apparaissent probablement sous Thierry III: L'emploi du papyrus, difficile à importer, est abandonné au profit du parchemin (le plus ancien diplôme royal sur ce support date de 677) et l'usage d'authentifier les documents au moyen d'un sceau.
Cet acte de 679 est le plus ancien document scellé.
Luzarches, 30 juin 682
Parchemin, H : 42, 7 cm, L : 23, 7 cm
Paris, Archives nationales, Inv.
K2, n°13
* Du latin placitum (« ce qui plait ») qui a pris le sens de « ce que l'on a en vue » d'où, en latin médiéval « dessein, projet, résolution, consentement, pacte » et, dans la langue juridique médiévale, « engagement à comparaître devant le tribunal », « réunion, conférence » de là « séance judiciaire, plaidoirie » et « litige, procès ». Le plaid organisé par le roi ou l'empereur disparaît après Charles II le Chauve, mais le terme continue d'être employé à la fin du Moyen Âge et à l'époque moderne. De là vient le verbe "plaider".
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