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La fabuleuse tombe d’Arégonde

  • Alain Foucaut
  • 13 nov. 2016
  • 3 min de lecture

Arégonde (Arnegonde, Arnegundis), née vers 515 et morte entre 573 et 579, est une reine des Francs. Elle est l'une des sept épouses du roi Clotaire Ier, mort en 561. C'est un des rares personnages historiques dont l'on ait pu identifier et étudier la tombe, ce qui explique son importance.

Elle est considérée comme la plus ancienne reine de France retrouvée à ce jour.

Sa sépulture a été découverte en 1959 dans le sarcophage numéroté 49 en la basilique Saint-Denis par Michel Fleury, archiviste paléographe. Elle contenait des vêtements préservés et des bijoux, dont son anneau nominatif (bague sigillaire portant le nom ARNEGVNDIS et un monogramme central lu comme REGINE), aujourd'hui conservés au Musée d'archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye. Il s'agit de la tombe la mieux documentée d'Europe pour le Haut Moyen Âge.

C'est précisément cette reine Arégonde, épouse de Clotaire Ier (511 - 561), belle-fille de Clovis et mère de Chilpéric Ier, que Grégoire de Tours décrit vers la fin du VIe siècle. Si l'on tient compte des données historiques telles que la naissance de Chilpéric vers 537-539, et de la datation des accessoires vestimentaires les plus récents, la reine serait morte, âgée de 70 à 80 ans, dans les années 580 - 590.

La date de sa mort n'étant pas connue par des textes, l'analyse archéologique du tombeau a d'abord émis deux hypothèses. Ainsi, selon Michel Fleury, qui se base sur une analyse de l'état du squelette, elle serait morte entre 565 et 570 (à l'âge d'environ 50 ans donc). Cependant, des études du mobilier funéraire et particulièrement des pièces de vêtements ont été menées plus récemment par Patrick Périn, directeur du musée des Antiquités nationales. Ces analyses incitent désormais à penser que le décès doit être daté entre 572 et 583 ; en effet, le style de certaines pièces du costume de la reine n'apparaît pas dans le monde mérovingien avant le début du VIIe siècle.

Michel Fleury en donne la description suivante : « une femme de très petite taille, âgée d'environ quarante-cinq ans, à la chevelure blonde, au crâne assez rond, à la mâchoire inférieure assez saillante, mais au menton effacé ». Les dernières recherches et en particulier les analyses de ses dents donnent son décès vers 60 ans alors qu'elle était très arthrosique. Elle mesurait 1,55 m, présentait des séquelles de poliomyélite de l'enfance au niveau de la jambe droite (qu'elle aurait subie vers l'âge de 4 ans comme le laisse supposer un premier stress dentaire) et des signes de maladie de Forestier sans doute à cause d'un diabète fort, des stress dentaires dus à un accouchement difficile (vers l'âge de 18 ans, ce qui est tard pour l'époque étant donné que le mariage peut se faire à partir de 12 ans).

Elle portait un manteau de soie de Chine teint de pourpre qui indiquait son rang royal, un voile de soie à motifs jaunes et rouges (un rouge de murex et de garance), des chaussures de cuir de chevreau rouge ainsi que des bijoux (plaque-boucle, fibule et épingle) en or et argent ornés de grenats. Elle portait ainsi un costume inspiré du style byzantin.

Mais l’accessoire le plus spectaculaire de cet ensemble est l’importante garniture de ceinture. Elle a été réalisée à partir d’une armature d’argent massif niellée. Dans les parties en creux, l’argent est revêtu d’une tôle d’or parsemée de pierres serties et décorée de filigranes. Ces techniques d’orfèvrerie se retrouvent aussi sur des fibules telle la fibule d’Humbécourt . Cette mode ne s’est diffusée qu’à partir de la fin du VIe siècle, et la reine dut être parmi les premières à se parer d’un tel bijou.

Comme c’est aussi le cas pour les fibules en cloisonné, les boucles d’oreilles à corbeille de tradition byzantine ne sont pas identiques. L’une est de plus grande qualité que l’autre, moins soignée. Peut-être la reine en avait-elle perdu une et l’a-t-elle fait refaire par un artisan local moins expérimenté.

Région parisienne et monde byzantin, fin du VIe siècle

Provenance : basilique de Saint-Denis, tombe n° 49

Saint-Germain-en-Laye, inv. 87424, 87425, 87426, 87427, 87428,

87429, 28430, 87431, 87432, 87433 (bijoux) et 90636 (bouteille)

Pour en savoir plus ICI

Les analyses menées au Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France (C2RMF) sur les objets métalliques en or et en argent de la tombe d'Arégonde, ainsi que sur les grenats pouvant les orner, ont considérablement modifié les acquis antérieurs, qu'il s'agisse des alliages utilisés ou de la provenance des grenats. Elle portait un manteau de soie teint de pourpre, un voile de soie à motifs jaunes et rouges, des chaussures de chevreau rouge et des bijoux en or et argent ornés de grenats venus d'Asie.

On a pu vérifier que la remarquable garniture de ceinture d’orfèvrerie en argent, ornée d’appliques en tôles d’or avec verroteries et grenats venus d’Asie, avait été fixée sur une luxueuse ceinture en peau de chèvre piquée de nervures et en partie dorée à la feuille.

6 Place Paul Painlevé, 75005 Paris

Accès payant

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