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Fragment de croix de saint Eloi

  • 11 nov. 2016
  • 3 min de lecture

Né vers 588 à Chapelât dans le Limousin, « le bon saint Eloi » appartenait à une famille de paysans aisés qui travaillaient eux-mêmes leur domaine. Il laissa à l’un de ses frères le soin du domaine et entra comme apprenti orfèvre dans un atelier où l’on frappait la monnaie royale. Il était aussi habile dans les émaux que dans les ciselures d’or fin. Il résida à Paris où il devint orfèvre royal, fonctionnaire de la Trésorerie royale et conseiller à la cour. Lorsque Dagobert devint roi en 629, Eloi dirigea les ateliers monétaires du royaume franc qui se trouvaient à Paris sur le quai des Orfèvres et près de l’actuelle rue de la Monnaie. Après la mort de Dagobert en 639, Eloi devint évêque de Noyon et de Tournai en 641. Il mourut en 660.

Eloi porta l’art de l’orfèvrerie à un degré de perfection extraordinaire pour son temps : les plus remarquables de ses ouvrages étaient les bas-reliefs du tombeau de saint Germain, évêque de Paris ; un grand nombre de châsses destinées à renfermer des reliques ; les deux sièges d’or enrichis de pierreries, qu’il exécuta pour Clotaire II ; on pouvait voir encore plusieurs de ces ouvrages en 1789. Il contribua aussi pour une grande part à l’érection de plusieurs monuments religieux.

L’un de ses plus grands ouvrages est certainement la grand croix d’orfèvrerie réalisée pour Dagobert, premier fondateur du monastère Saint-Denis (actuelle basilique accueillant les tombeaux des rois de France) et qui devait être placée à l’arrière de l’autel d’or. Elle mesurait presque deux mètres de haut et ces branches très étroites 9.2 cm. Des saphirs, des émeraudes, des nacres et des verres bleus , vert et violet y étaient sertis. La croix fut remaniée à l’époque gothique , elle reçut alors le reliquaire de la vraie croix que l’on voit sur le bas de la traverse horizontale dans le tableau de la messe de saint – Gilles. Ce reliquaire était orné d’une crucifixion d’émail. Une plaque de cuivre sculptée d’un saint Denis entre deux anges et portant une inscription rappelant la donation de Dagobert était placée au même endroit au revers. Malgré la hauteur où elle se trouvait , cela n’empêcha pas un vol de pierreries au milieu du XVIIIe siècle. Œuvre remarquable et admirée depuis le commencement de l’abbaye Saint-Denis, cette merveille d’orfèvrerie n’échappa pas au funeste destin que lui réserve la Révolution. En 1793 elle est portée à la monnaie, dépecée et puis fondue. De cette œuvre majeure du VIIe siècle seul un fragment de son revêtement est préservé et déposé au cabinet des médailles de la B.N.F., unique vestige de l’art raffiné des orfèvres mérovingiens.

D'origine pontique, la verroterie cloisonnée entre en Gaule vraisemblablement avec les Wisigoths et les hordes d'Attila au début du Ve siècle. Les orfèvres mérovingiens s'approprient cette technique et développent un style propre, plus complexe et plus structuré, dont témoigne ce fragment de la croix de saint Éloi. Le décor cloisonné, pareil à une mosaïque, peut recouvrir entièrement l'objet. Ce style, qui marque fortement l'orfèvrerie franque, se retrouvera transposé dans le décor des manuscrits mérovingiens.

Fragment de croix de saint Eloi

Région parisienne, 1ère moitié du VIIe siècle

Or, argent, grenat et verre. H : 10 cm, L : 9, 2 cm

Provenance : trésor de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis)

Paris, BnF, Inv 56324

Navette de saint Eloi

Iran, VIe siècle

Aventurine, H : 8, 5 cm, L : 22, 7 cm, l : 8, 5 cm

Provenance : trésor de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis)

Paris, BnF, Inv camée 374

72 –

6 Place Paul Painlevé, 75005 Paris

Accès payant

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