Le palais archiépiscopal du Tau à Reims
- Alain Foucaut
- 8 sept. 2016
- 3 min de lecture
Cet ancien palais des archevêques de Reims est étroitement lié à l'Histoire de France.
C'est en ce palais que résidaient les rois pour leur couronnement, que partait le cortège royal et que se déroulait, après le sacre, le fameux festin dans la grande salle du Banquet.

Il s'agit là de l'ancien palais des archevêques de Reims, construit sur les vestiges d'une villa Gallo-Romaine du II et IIIème siècle.

Son nom fait référence à sa construction originale en forme de T, (T en grec se dit Tau). C'est aussi ici que le Roi et sa suite logeaient pendant les festivités de son sacre. Le palais du Tau est probablement construit au IXème siècle et chaque archevêque y apportera sa touche au fil du temps.
Endommagé pendant les guerres, il sera restauré et ouvert au public en 1972. Mais s'est seulement en 1996 que sera ouverte la salle basse, de style gothique, probablement l'une des plus belle salle de ce bâtiment avec ses colonnes à chapiteaux sculptés et voûtée sur des croisée d'ogives.
Cette salle sera d'ailleurs le lieu de vie de l'archevêque jusqu'en 1905 et c'est par elle que commence la visite.

La salle suivante qui date du XIII et XVème siècle, est en fait l'ancien cellier où sont exposés les restes de la partie du cloître.

La visite se poursuit avec la partie réservée au sacre des Rois et qui renferme un fabuleux trésor, comme le manteau du sacre de Charles X,

le reliquaire de la Résurrection ou du Saint-Sépulcre. Reliquaire de la seconde moitié du 15e siècle. Il a probablement appartenu aux anciennes collections ducales bretonnes et a fait partie du Trésor de le Couronne de France. Il fut donné à la cathédrale de Reims par le roi Henri II lors de son sacre, le 2 juillet 1547. Le socle aurait été ajouté à cette dernière date, ou postérieurement (mais avant 1623) ; sans doute par des orfèvres rémois.

le fameux calice, de la fin du XIIème siècle avec ses pierres précieuses que l'on utilisera jusqu'à Louis XVI (25 rois de France y trempèrent leurs lèvres)

Le magnifique talisman du IXème siècle, de Charlemagne (à travers lequel une relique de la Vraie Croix est visible en transparence). Ce reliquaire serait un cadeau du calife Haroun ar-Rachid à Charlemagne lors d'une ambassade de 801. Il aurait fait partie d'un ensemble comprenant les clés du Saint sépulcre, le drapeau de Jérusalem, un cor de chasse d'ivoire et un cimeterre damascène.Le Talisman aurait été trouvé lors de l'exhumation du corps de Charlemagne par l’empereur Frédéric Barberousse le 8 janvier 1166, mais de nombreux doutes subsistent sur cette origine présumée.

Le reliquaire de sainte Ursule. Cet objet de dévotion en forme de nef était à l'origine un objet civil de l'ancien Trésor de la Couronne de France.Il a été offert à Anne de Bretagne à l'occasion de son entrée à Tours en 1500 (porte le poinçon de l'atelier de Raymond Guyonnet ou Pierre Rousseau, orfèvres de Tours). En 1505, la reine transforme la nef en objet de dévotion, et demande à l'orfèvre blésois Henri Duze d'ajouter sur le pont douze petites statuettes de sainte Ursule et de ses compagnes martyres ; seule demeure aujourd'hui celle de sainte Ursule (en or), les autres ayant été remplacées à des époques différentes. Selon l'inventaire de François II (1559-1560) la nef aurait ensuite appartenu à la reine Claude de France (1515-1524).Le roi Henri II (1547-1559) la fit réparer. Elle a été offerte à la cathédrale de Reims par Henri III à l'occasion de son sacre le 13 février 1575.

Et le reliquaire de la sainte-épine. Cristal de roche taillé en Egypte au 11e siècle, monté en or vers 1460-1470 et réalisé par l'orfèvre parisien Guillaume Lemaître (ou Le Maistre ; reçu maître en janvier 1458). Provient de l'abbaye Saint-Pierre-les-Dames de Reims (détruite à la Révolution). Il avait probablement été donné par Henri III à Renée de Lorraine, soeur du cardinal et abbesse de Saint-Pierre de Reims.

Puis nous arriverons à la salle appelée salle des banquets, celle des festins que l'on donnait ici après le sacre, elle est du XVème siècle avec un plafond recouvert de bois et en forme de carêne de bateau, on pourra y voir des tapisseries flamandes des XV et XVIIème siècle, racontant l'histoire de Clovis.

Nous continuerons ensuite avec une pièce dont le thème est Notre Dame et qui conserve de très belles sculptures d'origines de la cathédrale, dont certaines sont monumentales, déposées au cours des campagnes de restauration. On notera bien évidemment le gigantesque Goliath exécuté vers 1260, d'une hauteur de 5.40m et qui pèse 6 tonnes.

Nous terminerons alors la visite vers une autre salle qui présentera des tapisseries, notamment de la Vie de Jésus, et cas très rare, réalisées à Reims au XVIIème siècle, par des tapissiers itinérants, originaires de Bruxelles.

2 Place du Cardinal Luçon, 51100 Reims
Accès payant