Les émaux de Limoge
- Alain Foucaut
- 22 mai 2016
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L'émail de Limoges, ou Œuvre de Limoges (opus lemovicense en latin), est une technique de travail de l'émail, dite émail champlevé qui apparaît au milieu du XIIe siècle dans la ville française de Limoges.

Après avoir connu un vif succès en Europe occidentale (on en a retrouvé jusqu'en Islande),

elle disparaît au milieu du XIVe siècle. Ce succès s'explique d'abord par le faible coût du cuivre émaillé par rapport à l'or ou l'argent : les églises et monastères peuvent ainsi acquérir à peu de frais leurs objets liturgiques. En outre, l'œuvre de Limoges se prête bien à la représentation de scènes narratives, particulièrement importantes sur les objets liturgiques.

Pendant le XIVe et le XVe siècle, l'orfèvrerie d'émaux translucides sur relief est un procédé que Limoges ne semble pas avoir beaucoup pratiqué.
Mais à la fin du XVe siècle, une nouvelle méthode d'utilisation de l'émail apparait en France : l'émail peint. Les émaux peints devinrent, comme en leur temps les émaux champlevés, le monopole des ateliers limousins.

Enfin, aujourd'hui encore, quelques créateurs perpétuent ou renouvellent une production d'émaux par des réalisations contemporaines. Ce savoir-faire est répertorié dans l'Inventaire du patrimoine culturel immatériel en France.
Organisée en collaboration avec le Palazzo Madama-Museo Civico d’Arte Antica de Turin, l'exposition du musée de Cluny permet de découvrir les émaux limousins profanes. Mais le musée regorge d'émaux à motifs religieux.

Des médaillons, des boucles de ceintures ou des coffrets âgés de plus de 900 ans... tous ornés d'émaux à motifs profanes. Des émaux qui ont été réalisés au XIIe et XIIIe siècle à Limoges.

A l'époque, Limoges était surtout réputée dans toute la Chrétienté occidentale pour sa production d'émaux à caractère sacré : des objets de culte qui voyageaient à travers toute l'Europe. Il faut dire que la ville était alors très bien située sur les voies de communication et aussi sur les chemins qui menaient à Saint-Jacques-de-Compostelle.

La production profane des ateliers limousins, en revanche moins connue, est parvenue jusqu’à nous en plus petit nombre. Si les experts supposent que cette production fût importante, il semble malgré tout difficile d’en évaluer l’ampleur.

Pièce majeure de l’Œuvre de Limoges, exécutée vers 1220-1225, le coffre du cardinal Guala Bicchieri (v. 1160-1227), grand collectionneur et diplomate aguerri, est présenté pour la première fois hors d’Italie depuis son acquisition en 2004 et constitue le cœur de l’exposition.
6 place Paul-Painlevé, 75005 Paris
Accès payant