L'abbaye royale Saint-Séverin
- Alain Foucaut
- 5 avr. 2016
- 3 min de lecture
L'abbaye Saint-Séverin de Château-Landon est fondée au VIe siècle. L'abbaye Saint-Séverin fut construite en l’honneur de ce saint guérisseur de Clovis. Les bâtiments et vestiges que nous voyons aujourd'hui n'ont qu'un lointain rapport avec ce que put être l'église primitive, car l'élan donné par les moines fût maintes fois remis en cause par la rigueur du temps, des guerres, et des hommes. Brûlées par le feu du ciel, saccagées par les brigands, ruinées par la Révolution, l'église et l'abbaye subirent au cours des siècles de multiples restaurations. L'appui de Philippe Auguste, à la fin du XIIe s., a joué certainement un grand rôle dans une transformation majeure de l'abbaye, lui donnant cet aspect de forteresse, que même les additions et réparations pratiquées par la suite, n'ont pas effacer.

Le bâtiment conventuel est adossé à l'escarpement rocheux. La longue façade qui regarde la vallée est soutenu par six contreforts trois redans percés d'une meurtrière sous le larmier ; l'angle du coups de logis regardant la ville est protégé par la haute tour ronde contenant un escalier ; elle est percée de meurtrières dans sa montée et de baies carrées au-dessous d'une corniche qui la couronne et soutient le toit conique. Sur le flanc du monument, on voit encore les modillons qui supportaient une galerie extérieure servant de chemin de ronde. Autour de ce corps de logis, d'aspect imposant, se groupent des restes de constructions assez nombreux ; il y a là des salles voûtées aux clefs ornées, des arceaux brisés, des fenêtres vides, des amorces de tourelles, toutes choses parmi lesquelles on reconnaît les styles des XIIe, XVe et XVIe s., trois époques où l'abbaye fut l'objet de réparation importantes.

Desservie à partir du XIIe siècle par des chanoines de l'ordre de Saint-Augustin, elle se soumet en 1636 à la règle de la congrégation des chanoines de Sainte-Geneviève de Paris. Au XVIIe siècle, cette abbaye abrite un hôte illustre, enfermé par décision du roi, Louis-Henri Beau Loménie de Brienne, secrétaire d'État à 23 ans en 1658.

En effet, voyageant en Allemagne, il s'éprend de la duchesse de Mecklembourg et a l'audace de lui déclarer sa flamme. Il est mort dans cette abbaye. Son testament est conservé aux archives départementales de Seine-et-Marne. Vendue et détruite en partie pendant la Révolution, l'abbaye est aujourd'hui propriété du Conseil Général et est transformée en maison de retraite.

La crypte de l'abbaye Saint-Séverin reçoit, pendant des siècles, les reliques de saint Séverin et les pèlerins qui viennent les vénérer. Son plan basilical à chevet plat fait dater souvent cette crypte du XIe siècle, mais les fresques qui la recouvrent sont considérées comme du début du XIIe siècle. C'est une minuscule église basse, faite d'une nef carrée flanquée de deux bas-côtés avec lesquels elle communique par des arcs en plein cintre.

Les petits claveaux rectangulaires qui les composent sont des éléments de sarcophages réemployés. La pierre friable des sarcophages a été soumise à de nombreux graffiti, antérieurs à l'application de la peinture murale. La base d'un pied-droit de fenêtre porte en sculpture dans la pierre la mention « SS Maur », pour saint Maurice d'Agaune, martyr de la célèbre légion thébaine.

Il se dit à Château-Landon que les fresques pourraient regagner sous peu la crypte !
34, rue de la Ville Forte 77570 CHÂTEAU-LANDON
Aujourd'hui, l'abbaye est une maison de retraite médicalisée, qui ne se visite pas, mais dont son parc reste accessible aux visiteurs.