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le trésor de Vaise

  • Alain Foucaut
  • 22 déc. 2015
  • 2 min de lecture

Le trésor de Lyon-Vaise est un ensemble d’objets précieux du IIIe siècle de l’Empire romain, trouvés à Lyon en 1992 et exposés au musée gallo-romain de Fourvière. Plus précisément daté d’après les monnaies qu’il comporte, ce trésor aurait été enseveli après 258 dans la crainte des raids barbares, peut-être lors du raid de 259.

Ce trésor a été découvert en mars 1992 lors de fouilles de sauvetage entreprises dans le quartier de Vaise, au nord de Lyon, proche de la Saône. Dans les vestiges d’une villa gallo-romaine, deux fosses voisines dans un angle de pièce contenaient chacune un dépôt d’objets précieux:

Dans la première fosse, un sac de toile, désagrégé, contenait trois statuettes, un buste, deux têtes, divers morceaux de statuettes et deux bracelets. Tous ces objets étaient en argent.

L'Abondance Apollon La Fortune

La seconde fosse contenait deux dépôts : un coffre en bois dont il ne restait que les parties métalliques contenait une coupe et deux plats, en argent. Le second dépôt se composait d’une série de 14 cuillères, de bijoux en or, de deux petits ustensiles et d’une bourse de tissu désagrégée qui contenait 81 monnaies romaines d’argent.

Plateau en argent

Les bijoux, également remarquables, sont les suivants :

Un collier alternant des perles cylindriques en émeraude et des maillons en torsade d’or (dit nœud d’Héraclès)

Deux paires de magnifiques pendentifs en or pour oreilles percées, assortis au collier et décorés de perles, de grenat et d’émeraudes

Deux bracelets formés d’une fine tige d’or torsadé sur un tube

Deux bracelets en argent, l’un à tête de serpent, l’autre formé d’un barreau carré torsadé

Deux bagues, dont une portant une intaille

Un médaillon d’or avec au centre un aureus de Gordien III (238-244)

Par leur facture, ces bijoux sont classés comme des productions gallo-romaines du IIIe siècle. Une recherche sur l’origine des émeraudes du collier a abouti à un diagnostic inattendu. Chaque gisement d’émeraudes est identifiable par les impuretés incluses dans les pierres qui en proviennent. On supposait une provenance de Sinaï ou d’Asie centrale (Pakistan), origine courante pour l’époque romaine. Après examen de leurs inclusions, les émeraudes de Vaise se sont révélées extraites d’un petit gisement de Pannonie, (actuelle Hongrie), exploité à l’époque romaine et épuisé depuis.

Les 81 monnaies romaines d’argent sont des émissions allant de Vitellius (69) aux règnes conjoints de Valérien et de Gallien (253-260), avec un grand nombre (43) datant de Septime Sévère. Parmi les plus récents, quatre antoniniens ont été frappés en 258 dans l’atelier monétaire de Cologne.

L’ancienneté de certaines monnaies du Ier siècle et du IIe siècle traduit une thésaurisation sur plusieurs générations de pièces anciennes ou rares.

Le contexte de l'enfouissement du trésor, s'il est en partie connu, reste toutefois problématique : il s'agit en fait de deux dépôts, très proches, mais bien distincts, d'objets précieux dans des caches ménagées sous le sol. Faut-il les attribuer aux occupants de l'habitat de la deuxième moitié du IIIe s. ou à ceux de l'atelier de potier qui leur succèdent au début du IVe s. ?

17 Rue Cleberg, 69005 Lyon

Accès payant

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