Théâtre antique d'Arles
- Alain Foucaut
- 4 nov. 2015
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Précédant d’un siècle son illustre voisin l’amphithéâtre, le théâtre romain d’Arles est aujourd’hui beaucoup moins bien conservé.

Vers la fin des années 40 av. J.-C., peu après la fondation de la colonie romaine, un programme monumental est mis en chantier, portant sur l'aménagement de vastes espaces publics et la construction des trois édifices majeurs : le forum, l'arc du Rhône et le théâtre, ce dernier dominant la colline de l'Hauture. La rigueur d’un tel plan d’urbanisation et l'ambition qu'elle exprime incite à penser que la conception et la maîtrise en émanent du plus haut niveau de l'Etat.

Le théâtre fut achevé vers l’an 12 av.J-C, devenant ainsi l'un des tout premiers théâtres en pierre du monde romain. Le théâtre s'inscrit sur le decumanus du quadrillage romain. Il servi longtemps à de nombreux spectacles, tragédies, comédies, mimes et pantomimes, auxquels le public assistait gratuitement. Les péripéties de la destruction du monument demeurent mal connues. Sa partie méridionale (coté jardin d'été) a du être fortifiée dès le Ve siècle, ce à quoi l'on doit la "Tour de Roland" intégrée à l'enceinte, et seul témoignage de l'élévation initiale de l'édifice.

Son pillage pendant des siècles pour alimenter des chantiers voisins en matériaux finit par en faire même oublier la fonction antique qui ne fut redécouverte qu'à la fin du XVIIe siècle. Divers occupants s'y succédèrent, notamment le collège des Jésuites, un couvent des sœurs de la Miséricorde et un des premiers musées publics d'archéologie en plein air. Lors des fouilles commencées en 1828 plusieurs pièces furent découvertes.Elles sont visibles au musée de l'Arles et de la Provence antiques. Le dégagement du site durera la plus grande partie du XIXe siècle.
Le théâtre romain d’Arles mesure 102 m de diamètre. Ses 33 gradins, dont une grande partie a aujourd’hui disparue, s’appuyaient sur une enceinte extérieure composée de trois étages d’arcades.

Cet édifice pouvait accueillir 10'000 spectateurs. L’orchestra se trouve séparé de la cavea par un mur, le balteus , en avant duquel, un espace large de 1m20 était réservé aux sièges mobiles des notables de la colonie. Le mur du pulpitum marquait la séparation entre l’orchestra et l’ensemble scénique. Il était orné de niches décorées, notamment par l’autel d’Apollon trouvé en 1828. En bien autres endroits du site furent mis à jour les vestiges de cette somptueuse ornementation. Deux escaliers mettaient l’orchestre en communication avec la scène. Les fouilles et les études scientifiques ont permis de retrouver les dispositions essentielles de celle-ci.

Profonde d’environ 6 mètres, la scène était bordée de vastes parascenia (coulisses). Le mur de scène était très décoré. Il comportait trois étages de colonnes et une importante statuaire, dont la statue colossale d’Auguste, qui est conservée actuellement au musée de l’Arles et de la Provence antiques.

La fameuse statue de la «Vénus d’Arles» est conservée au Louvre. Au milieu du mur se trouvait la porte royale que bordaient de chaque côté deux colonnes ; celles d’un seul côté se voit aujourd’hui en place. L’enceinte extérieure du théâtre comportait 27 arcades appuyées sur de forts piliers.
Rue de la Calade, 13200 Arles
Accès payant