top of page

L'enceinte romaine et la porte Auguste.

  • Alain Foucaut
  • 11 oct. 2015
  • 4 min de lecture

A l'époque romaine, Nemausus possédait une vaste enceinte, faisant de la ville l'une des plus grandes cités fortifiées de l'Empire : elle englobait un périmètre de 7 km, pour une superficie de 220 hectares. Elle était entourée de remparts, hauts de 9 mètres et larges de 2 mètres, comptant 80 tours (dont la Tour Magne) et percés de dizaines de portes, dont ne subsistent aujourd'hui que la Porte de France et, donc, la Porte Auguste. Elle faisait partie des plus longues enceintes de la Gaule avec Vienne et Autun.

La Porte Auguste.

Autrefois appelée Porte d'Arles (Porta Arelatensis), la Porte Auguste était située à l'Est de l'enceinte. Elle faisait face à la Via Domitia, que recouvre aujourd'hui la rue Pierre-Sémard, vers Arles et Beaucaire : elle était donc l'entrée principale de la ville pour qui souhaitait la traverser, avant de repartir vers l'Espagne par la Porte de France. C'est par là que passaient les légions se rendant à Narbonne. Il est à noter que, les Romains ayant coutume d'enterrer leurs morts à l'extérieur de la cité, les abords de la Porte Auguste ont révélé de très nombreuses tombes, véritable aubaine pour les archéologues de la région. Citons notamment les travaux d'Auguste Pelet qui, en 1849, organisa des fouilles et entreprit de dégager complètement le monument, partiellement enseveli. Ces travaux conduisirent à la mise au jour de la voie antique, ainsi qu'à la découverte de pièces de monnaie, pour la plupart antérieures au règne d'Antonin. Pelet en déduisit que l'enceinte avait été remaniée à cette période.

Pour en revenir à notre porte, elle date de 15 ou 16 avant J.C., ainsi qu'en atteste l'inscription qui la coiffe :

IMP. CAESAR DIVI F. AVGVSTVS COS XI TRIB POTEST VIII PORTAS MVROS COL DAT - "César Auguste, Imperator, fils du divin Jules César, consul pour la 11ème fois, revêtu de la puissance tribunicienne pour la 8ème fois, donne ses portes et ses murs à la colonie."

Toutefois, selon l'historien Jules Teissier, on ne peut pas en déduire qu'Auguste ait fait bâtir à ses frais les portes et les murs d'enceinte afin de les offrir à la cité : en style administratif, cela signifierait simplement qu'Auguste, ayant jugé utile à ses intérêts que Nîmes soit entourée de remparts, lui ordonna de les construire. Cependant, il est généralement admis que l'ensemble de l'enceinte de protection était bien un don de l'Empereur.

Il s'agit d'un édifice entièrement construit en pierre de taille des carrières de Baruthel, formé par quatre arches au total :L'une des grandes arches.Tête de taureau ornant les arches.2 grandes arches centrales (3.93 m de large sur 6,30m de haut), destinées aux chars et aux chevaux, permettant le passage des nombreux véhicules marchands qui animaient la vie économique de la cité. Elles sont surmontées de têtes de taureaux en relief, aujourd'hui passablement dégradées. Ces passages étaient les seuls à être munis de portes à vantail doublées de herses, preuve de la faible dimension défensive de l'ensemble.

Deux arches latérales, plus petites (1.93 m de large pour 4.51 m de haut), réservées aux piétons, au-dessus desquelles se trouvent des niches, destinées à recevoir les statues de divinités protectrices, ou peut-être celles des deux fils adoptifs d'Auguste, Caius et Lucius, princes de la jeunesse romaine et patrons de la colonie. Sur le façade de l'édifice, l'entablement est supporté par des pilastres richement décorés, respectivement toscans et corinthiens. Les pilastres du milieu sont séparés par une petite colonne ionique appuyée sur une console, mais dépourvue de piédestal : elle marquait, selon Auguste Pelet le milliare passum primum de Nîmes, soit la pierre à partir de laquelle on mesurait les distances - un kilomètre zéro, si vous préférez.

L'hypothèse est discutée : si elle remporte l'adhésion de certains archéologues, d'autres pensent en revanche que la borne milliaire se situait en réalité à quelques 100 m à l'intérieur de l'enceinte augustéenne. L'édifice, large au total de 39,60 m, formait une saillie de 5,23 m sur les remparts. Flanqué de tours de gardes (on aperçoit encore la voûte d'entrée de l'une d'elles, côté jardin), il s'ouvrait sur une vaste cour (10 m sur 13 m), bordée de galeries couvertes dans le prolongement des arcades. Aujourd'hui, on peut voir une statue de l'empereur Auguste dans ce jardinet : elle n'est pas d'origine. Il s'agit d'une réplique, achetée avant la seconde guerre mondiale par la municipalité.

La statue d'Auguste dite «de Prima Porta» tire son nom de la localité où elle a été trouvée le 20 avril 1863, dans la villa de Livie, au nord de Rome. La statue (2,06m) en marbre actuelle devait avoir probablement pour modèle une statue en bronze, exécutée en 20 avant JC ou immédiatement après, et qui fut copiée en marbre pour Livie à la mort d'Auguste, en 14 après JC ou peu après.

Auguste, l'original, lors de son passage à Paris en 2014

Le décor de la cuirasse rappelle la restitution, en 20 av. J.C., par les Parthes - un peuple d'Orient - des étendards romains perdus lors de la défaite du général Crassus en 53 av. J.-C.

Elle est actuellement exposée à Rome, au musée du Vatican.

Bronze (moderne) d'Auguste sur le forum romain.

Porte Auguste, Rue nationale, 30000 Nîmes

Accès libre

articles recents: 
recherche par TAGS: 

© 2023 by The Artifact. Proudly created with Wix.com

  • Facebook B&W
  • Twitter B&W
  • Instagram B&W
bottom of page