Un coup de gueule
- Alain Foucaut
- 28 mai 2015
- 3 min de lecture
Je me suis rendu rue Pierre Nicole dans le cinquième arrondissement de Paris. Je voulais voir la première cathédrale de Paris.
"Puisque St Denis fut le premier évêque de Paris,l'église clandestine dans laquelle il catéchisa fut bien la première cathédrale.[...] Après avoir traversé le Blv St Michel, on pénètre dans la rue Pierre-Nicole [...] . Impavide,le gardien de l'immeuble refuse l'accès à l'historien égaré.Propriété privée, on n'entre pas ! Pour pénétrer les lieux et retrouver le souvenir de Denis, il faut insister.[...] Un ascenseur, un parking ou les voitures sont bien garées dans de petites cases régulières dessinées à la peinture blanches, et soudain une porte discrète... Cet obstacle franchi, on entre dans le passé.[...] Les voûtes ont été stabilisées et restaurées au XIX° siècle, mais ailleurs surgissent de plus anciens témoignages. Sous une pierre tombale dort saint Reginald, mort en 1220, [...]. La longue nef se prolonge jusqu'à l'autel sur lequel trône la statue de St Denis.[...]. Les guides destinés aux touristes d' il y a cent ans mentionnaient encore cette crypte. Et puis, elle fut englobée dans les caves du bâtiment qui s'éleva. Ce qui reste de la première cathédrale de Paris reste caché sous le parking, partie intégrante de la copropriété qui maintien les lieux en l'état,[...]. Situation absurde : ce témoignage unique des premiers chrétiens de Paris survit par la bonne volonté de quelques particuliers ![...]." pour info : "Métronome" histoire de Paris au rythme du métro parisien.Lorànt Deutsch. ed Michel Lafont.

Je savais que ce ne serait pas facile.... Mais fallait que j'essaie. J'ai été jusqu'à la loge ou l'on ne m'a malheureusement pas répondu. Je suis tombé sur une dame de la copropriété qui m'a gentiment fait remarquer l'affichette sur la porte d'entrée.

Je suis donc reparti terriblement déçu. Un tel patrimoine invisitable !
Je ne comprend pas. Il suffit de voir la gestion de l'arche sur la Bièvre dans la muraille de Philippe Auguste par l'association "Paris Historique". La configuration est identique: un patrimoine incroyable dans les sous sols d'une copropriété. Une fois par mois, il est possible d'admirer, de tomber sous le charme d'un tel endroit et de plus avec un conférencier passionnant.
Mais la, rien... Franchement c'est une honte.

Juste en face, de l'autre côté de la route on tombe sur une fausse ruine Gallo-Romaine.
Finalement, c'est réussi, un immeuble construit en 1979 par E.D. présente une façade blanche couverte de « trous et de débordements », hommage moderne aux façades exubérantes en céramique du début du siècle à la Gaudi ou Lavirotte. Au rez-de-chaussée une fausse ruine (Gnoc Duong) et une fresque « l’homo consummator deperditus » créent la surprise.
Et voici l'explication que m'a gentiment envoyé Mr Gnoc Duong:
Je suis l'artiste qui a réalisé le projet 11 bis rue Pierre Nicole. ED architectes m'avaient donnée carte blanche pour proposer une oeuvre plastique. J'étais intéressée par la mémoire de ce quartier et encore plus par l'époque gallo romaine, je savais également qu'un peu plus loin une crypte existait, mérovingienne,accessible aux pompiers en 1979. C'était évidemment un clin d'oeil, un immeuble contemporain érigé sur des ruines avec la découverte d'une fresque mais c'était l'homme moderne qui était découvert. C'est le pourquoi du titre "homo consumator déperditus". Je n'ai pas appris le latin mais voilà: l'homme consommateur perdu!

11bis Rue Pierre Nicole 75005 Paris
Faux vestiges en accès libre
14 bis Rue Pierre Nicole 75005 Paris
Propriété privé