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L’Abbaye de Fontevraud

  • Alain Foucaut
  • 11 mars 2015
  • 4 min de lecture

Construite entre 1105 et 1165, l’église abbatiale croise les styles angevins et poitevins. Elle est impressionnante par sa sobriété et ses dimensions. Son chœur, élancé et épuré, marque l’apogée de l’art roman.

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C’est en 1101 qu’est fondée l’Abbaye Royale de Fontevraud, par un prédicateur iconoclaste et visionnaire : Robert d’Arbrissel. L’ordre qu’il crée a pour particularité d’être « double » (hommes et femmes) et d’inclure des personnes de toutes origines sociales. L’Abbaye de Fontevraud est alors envisagée comme une « cité idéale », un lieu d’exaltation de la foi dédié à la prière et au travail, dans l’abstinence, le silence et la pauvreté. L’ordre de Fontevraud essaime rapidement sur un vaste territoire, allant de l’Angleterre à l’Espagne.

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La nécropole des Plantagenêts:

gisants de fontevreau

La transformation de l'abbaye en nécropole dynastique des Plantagenêts participe grandement à son développement. Henri II, marié à Aliénor en 1152, y fait sa première visite le 21 mai 1154. Le couple confie à l'abbaye ses deux plus jeunes enfants : Jeanne, née en 1165, et Jean, futur roi d'Angleterre. En 1180, Henri II finance la construction de l'église paroissiale de Fontevraud, l'église Saint-Michel, construite près de l'abbaye. En 1189, épuisé moralement et physiquement par la guerre que lui mènent ses fils et le roi de France, Henri II meurt à Chinon. Fontevraud est alors choisie par commodité, afin de parer au plus pressé.

Richard Cœur de Lion meurt le 6 avril 1199, à Châlus-Chabrol. Sur le choix de sa mère Aliénor, la dépouille est conduite à Fontevraud et enterrée le 11 avril aux côtés de son père.

Gisants de Richard coeur de Lion et Isabelle d'Angoulême

gisants richard et isabelle

Jean Favier émet l'idée qu'avec ce choix, Aliénor souhaite créer une nécropole dynastique, sur les terres ancestrales de la famille Plantagenêt, mais également à la frontière avec le Poitou, et l'Aquitaine, sa terre natale. Jeanne, affectée par la mort de son frère, se rend à Rouen auprès de son frère cadet, Jean. Enceinte et affaiblie, elle finit par se retirer à Fontevraud et y meurt le 11 juillet 1199 en donnant naissance à un enfant.

En 1200, de retour de Castille, Aliénor décide, à plus de 80 ans, de se retirer quasi définitivement à Fontevraud. Elle meurt quatre ans plus tard, le 1er avril 1204 à Poitiers, et est enterrée aux côtés de son mari, de son fils Richard et de sa fille Jeanne. Après la mort d'Aliénor, ses fils et petit-fils continuent de considérer l'abbaye comme une nécropole familiale. En 1250, Raymond, comte de Toulouse et fils de Jeanne, est enterré à sa demande auprès de sa mère. En 1254, Henri III, fils de Jean, organise le transfert de la dépouille de sa mère Isabelle d'Angoulême, alors enterrée en Angoumois à l'abbaye Notre-Dame de La Couronne, jusqu'à Fontevraud. Son cœur y est déposé à sa mort.

Gisants d'Aliénor d'Aquitaine et d'Henri II Plantagenêt

gisants alienor et henri

LE CLOÎTRE / LA SALLE CAPITULAIRE

Vaste espace quadrangulaire constitué de quatre longues galeries, le cloître était un lieu de déambulation pour les religieuses, rythmant leurs huit offices quotidiens.

cloitre fontevreau

À l’est de cet espace se trouve la salle capitulaire, avec ses murs ornés de peintures réalisées au 16ème siècle, représentant les scènes de la Passion du Christ. Des portraits de religieuses et d’abbesses ont été curieusement greffés à ses illustrations au fil des siècles, apportant une dimension décalée, voire ironique à ces œuvres sacrées.

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La salle capitulaire, aussi appelée salle du chapitre, est le lieu où se réunit quotidiennement la communauté religieuse d'une abbaye. D'ou l'expression "Avoir voix au chapitre" (oubien, droit au chapitre, … mais c’est une erreur). Au cours de l'assemblée, les chanoines et leurs supérieurs avaient une voix, lors de la délibération. Avoir voix sur un chapitre, signifie donc, avoir le pouvoir d'exprimer son opinion.

LES CUISINES / UN FUMOIR POUR LE SAUMON

Les cuisines constituent la bizarrerie de l’Abbaye Royale, avec leur style byzantin. Le bâtiment diffère des autres par son parement typiquement poitevin, fait de pierres de Charente. La forme octogonale de ce bâtiment et sa toiture hérissée de nombreuses cheminées en « écailles de poisson » ont été un sujet de réflexion pour les historiens. Les « cuisines » de l’Abbaye Royale auraient en réalité été un fumoir, où était préparé le poisson (essentiellement du saumon, alors abondant en Loire), aliment principal des religieuses. Du saumon fumé de Fontevraud, voici à quoi pouvait ressembler le repas de ces femmes vivant dans l’ascèse !

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ROBERT D’ARBRISSEL / LE FONDATEUR EXCENTRIQUE

L’Abbaye Royale de Fontevraud, un lieu qui fut longtemps synonyme de silence, d’ascétisme… Un lieu a priori peu propice au développement des individualités. Et pourtant, de véritables personnalités y ont marqué son histoire, à commencer par son fondateur, Robert d’Arbrissel. Objet de féroces inimitiés dans l’Église du 11ème siècle mais également de la protection du pape Urbain II, ce prédicateur breton fascine autant qu’il choque par son allure et ses pratiques. Il lui arrive par exemple d’éprouver sa chasteté… dans le lit de femmes !

Ses audaces dérangèrent et bloquèrent sa canonisation...

A comme Robert d'Arbrissel

49590 Fontevraud-l'Abbaye

Accès payant

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